coeur-cookies.jpgIl y a celle qui s'est maquée et dont tu n'entends depuis plus jamais parler, bicoz sa vie tout entière est remplie par "son chéri".
Tu ne devais pas y occuper une si grande place, il faut croire. Elle te manque, parfois, mais tu as cessé de tendre des perches qui n'étaient jamais relevées.
(Variante : la maquée par intermittence, dont tu es la meilleure amie... entre deux chéris) (N'hésitera pas à te planter juste avant votre départ en virée entre filles : "mais tu comprends, je ne peux pas partir sans Doudou / Chouchou / Loulou /Caillou / Pou")

Il y a celle qui a des mômes et ne sait plus parler que de ça : les couches-culottes, les dents, la crèche, la cantine, l'arrêt de bus qu'on veut supprimer et franchement c'est scandaleux avec tous les impôts qu'on nous fait payer !
A petites doses, ça va (Et puis tu te venges : tu lui parles de ton chat !) (Quand tu peux en placer une) mais il y a quand même un truc de cassé, que tu es bien la seule à regretter.

Il y a celle qui un beau jour, a effacé jusqu'à ton existence, sans tambours ni trompettes. Juste une énième déception à rajouter à la liste de celles sur lesquelles tu avais mis ton mouchoir, au nom de l'amitié ou de l'idéal que tu t'en faisais.
Sortie sans fracas, mais finalement sans vraie perte; encore une relation où tu avais donné plus que tu n'avais reçu. Comme ça c'est bien, le ménage est fait.

Il y a celle avec qui tu as grandi et puis qui est partie loin "faire sa vie". Un e-mail une ou deux fois par an, une carte de voeux pour l'anniversaire et le NouVel An : vous y êtes fidèles toutes les deux, mais se revoir ?
On en parle, on fait des plans... mollement. Mieux vaut ne pas risquer d'abîmer le souvenir de ces deux adolescentes inséparables avec des femmes qui n'auraient peut-être plus rien en commun.

Il y a celle avec qui tu as grandi et puis c'est toi qui est partie. Mais deux ou trois fois par an, quand vous arrivez à jongler avec vos agendas, le temps suspend son vol le temps d'un déjeûner, d'une soirée ou d'une après-midi au hammam.
Chacune a vécu et évolué, vos quotidiens respectifs ne pourraient pas être plus éloignés, mais deux ou trois fois par an, c'est comme si rien n'avait changé. Tu sais que c'est rare et précieux.

Il y a celle avec qui tu te sens juste bien, même sans dire ou faire rien. Qui te nourrit de cookies et de spaghettis les soirs de grande flemme, et de papotages à base de potins et de maquillage.
Celle aussi qui t'émerveille par sa force, sa maturité, et la bienveillance de son regard sur autrui. Celle dont tu te dis que le monde serait tellement plus doux s'il n'était peuplé que de gens comme ça.

Il y a celle avec qui ce fut le coup de foudre, mais pas le feu de paille. Malgré l'éloignement, malgré le mec et les enfants (comme quoi, quand on veut, y a moyen), malgré la vie qui tire sur les liens jusqu'à les effilocher, celui-là n'a pas cassé.
Au contraire, c'est comme un élastique qui vous ramène l'une à l'autre régulièrement.
Elle SAIT parler d'autre chose que de couches-culottes, de crèche et de dents, elle sait encore rire pour des bêtises comme une enfant (France Gall, sors de ce corps !), est-ce que ça jouerait sur la longévité ?
Tu ne sais pas, mais tu savoures la chaleur de cette amitié.

Il y a celle qui te secoue le tubercule et te traîne en soirée quand tu ne rêverais que de ton pyj' et ton canapé. Qui te réveille le dimanche matin avec un "lève-toi j'arrive, on va à la gym !" ET QUI VIENT TE CHERCHER ! Que tu maudis en grommelant sur 4 générations, mais tu es tellement contente après.
Celle dont parfois tu éprouves le besoin de t'éloigner tant son énergie est épuisante, mais qui laisserait un trop grand vide dans ta vie, si elle en disparaissait.

Il y a celle avec qui tu as grandi, mais que tu détestais. Et puis la vie s'est chargée de vous faire mûrir et avancer dans la même direction, avant de faire se recroiser vos chemins; maintenant vous êtes si proches que c'est à se demander comment vous aviez fait pour vous haïr pendant tant d'années. Les amis communs en rigolent, d'ailleurs.
Que c'est mystérieux, que c'est mouvant, l'amitié.

Et puis il y a toi.
Parce que ta meilleure et seule vraie amie finalement, n'est-ce pas toi-même ?